APA et cancer : une nouvelle étape dans le parcours de soins
L’activité physique adaptée occupe une place grandissante dans l’accompagnement des personnes atteintes d’un cancer. Avec l’arrêté publié en mai 2026, un cadre expérimental précise enfin les conditions de prescription, de financement et d’organisation des séances d’APA pour les patients concernés. Cette évolution concerne plusieurs régions pilotes et s’inscrit dans la continuité du parcours de soins global après ou pendant le traitement du cancer.
Un programme APA désormais encadré
Le dispositif prévoit un parcours structuré autour d’un bilan initial, de séances collectives d’APA et d’un bilan final. Le médecin prescripteur peut ordonner jusqu’à 12 séances collectives pour une période de trois mois, renouvelable une fois. Les séances doivent débuter dans les trois mois suivant le bilan initial et sont organisées à raison d’une séance par semaine en première intention. Si l’état de santé du patient le justifie, elles peuvent être réparties sur une durée maximale de six mois.
Qui peut en bénéficier ?
Le programme s’adresse aux personnes bénéficiant d’une ALD en lien avec un cancer, qu’elles soient en cours de traitement ou en post-traitement, à condition qu’elles soient intégrées au parcours de soins global pendant et après le cancer. La prescription peut intervenir dès la consultation dédiée à la proposition thérapeutique, après la consultation d’annonce. Cela permet d’élargir l’accès à l’APA à un moment clé du parcours de soins, lorsque la fatigue, la baisse de condition physique ou les effets secondaires des traitements peuvent limiter l’activité quotidienne.
Comment se déroule le parcours ?
Le parcours commence par un bilan de condition physique et motivationnel d’une heure, destiné à évaluer la motivation, les capacités fonctionnelles et l’état de forme du patient. Ce bilan sert à construire un projet personnalisé d’activité physique adaptée, avec des objectifs réalistes et progressifs.
Le programme comprend ensuite jusqu’à 12 séances collectives, avec un maximum de 8 patients par séance, puis un bilan final d’une heure permettant d’évaluer les progrès, la satisfaction et la suite du parcours. Le bilan final peut aussi servir à orienter le patient vers une maison sport-santé, une association ou un club proposant une offre sport-santé.
Quels professionnels interviennent ?
L’expérimentation confie l’intervention aux professionnels mentionnés au code de la santé publique, notamment les masseurs-kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotriciens et enseignants en APA titulaires au minimum d’une licence STAPS APA-S. Les structures doivent vérifier les critères d’éligibilité et s’assurer du respect des bonnes pratiques professionnelles.
Pour les patients présentant des limitations fonctionnelles sévères, seuls les professionnels de santé habilités peuvent intervenir en première intention. Les séances peuvent ensuite être supervisées par un professionnel diplômé en activité physique adaptée selon l’état du patient.
Quel financement est prévu ?
Le financement repose sur le Fonds d’intervention régional, avec une enveloppe versée aux ARS dans le cadre de l’expérimentation. Le forfait comprend 7,50 euros par séance, 45 euros pour le bilan final et 15 euros pour la coordination administrative de la structure.
Le plafond global atteint 150 euros par patient, pour un programme complet de 12 séances. En cas de renouvellement, le plafond peut monter à 300 euros par patient.
Où le dispositif est-il testé ?
L’expérimentation est lancée pour deux ans dans trois ARS : Bretagne, Nouvelle-Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Elle vise surtout à tester la reproductibilité de l’organisation et la pertinence d’un déploiement à plus grande échelle. Le texte insiste aussi sur le suivi des indicateurs par les structures, avec des données agrégées et non identifiantes remontées chaque année. Ce pilotage doit permettre d’évaluer l’efficience du dispositif et sa capacité à être généralisé.
Ce qu’il faut retenir
Cet arrêté consacre une étape importante pour l’intégration de l’APA dans le parcours de soins des patients traités pour un cancer. Il apporte un cadre plus lisible pour les structures, les professionnels et les patients, tout en sécurisant le financement et l’organisation du parcours. Pour les acteurs de santé et du sport-santé, c’est aussi un signal fort : l’APA n’est plus seulement un complément de prise en charge, mais un vrai levier de soutien pendant et après le cancer.
