La Journée mondiale des malades est célébrée chaque 11 février dans de nombreux pays. Elle invite à porter une attention particulière aux personnes malades,
à leurs proches, ainsi qu’aux professionnels et bénévoles engagés dans le soin, l’écoute et le soutien.
Cette journée met en avant une attitude concrète : s’arrêter, regarder, écouter, se rendre proche et prendre soin de la personne souffrante dans toutes ses dimensions – physique, psychologique et sociale.
Elle concerne l’ensemble de la société : citoyens, structures de santé, secteur médico‑social, associations et collectivités, tous appelés à reconnaître la dignité des personnes fragilisées par la maladie.
Vivre avec la maladie : fragilité, dignité et isolement
Vivre avec une maladie, qu’elle soit aiguë ou chronique, transforme profondément le quotidien. La fatigue, la douleur, la perte d’autonomie ou les effets secondaires des traitements peuvent impacter la vie personnelle, familiale, professionnelle et sociale.
De nombreuses études montrent que les maladies chroniques s’accompagnent souvent d’un risque accru d’anxiété, de dépression et de repli sur soi, en particulier lorsque la personne se sent isolée ou incomprise.
Dans ce contexte, le regard posé sur les personnes malades est essentiel : être considéré avant tout comme une personne, et non comme un diagnostic, contribue à préserver l’estime de soi et la dignité. La fragilité n’enlève rien à la valeur de la personne ; au contraire, elle appelle une attention plus grande, un accompagnement respectueux du rythme, des limites et des choix de chacun.
Un appel à la proximité et à la solidarité
Cette journée met en lumière une forme d’engagement qui ne reste pas théorique, mais se traduit par des gestes concrets au quotidien.
Cela signifie, par exemple :
-
prendre le temps d’écouter une personne malade sans minimiser sa souffrance ;
-
coordonner les efforts entre proches, soignants, aidants professionnels et bénévoles ;
-
faciliter l’accès aux soins, aux droits sociaux et aux dispositifs d’accompagnement ;
-
encourager des environnements bienveillants dans les hôpitaux, structures médico‑sociales, lieux de vie et de travail.
La solidarité, dans ce contexte, n’est ni pitié ni sur‑protection, mais une présence active qui cherche à soulager, soutenir et redonner confiance.
Les bienfaits de l’activité physique adaptée pour les personnes malades
L’activité physique adaptée (APA) occupe une place de plus en plus importante dans la prise en charge des personnes vivant avec une maladie chronique ou une limitation fonctionnelle. Il s’agit d’un ensemble de pratiques corporelles (marche, renforcement musculaire doux, exercices d’équilibre, activités aquatiques, etc.) spécifiquement ajustées à l’état de santé, aux capacités et aux objectifs de chaque personne, sous la supervision de professionnels qualifiés.
Les recherches montrent que des programmes d’APA bien encadrés peuvent :
-
améliorer la capacité cardiorespiratoire et l’endurance à l’effort ;
-
renforcer la force musculaire et la mobilité, ce qui aide à préserver ou retrouver l’autonomie dans les activités quotidiennes ;
-
réduire certains symptômes comme la douleur, la fatigue ou la raideur articulaire, selon les pathologies ;
-
contribuer à une meilleure qualité de vie, avec des effets positifs sur l’humeur, le sommeil, le stress et la participation sociale.
Par exemple, des programmes d’APA en milieu communautaire pour des personnes ayant des séquelles d’AVC ont montré des progrès significatifs de la marche, de l’équilibre, de la condition physique et une diminution de la dépression et de l’isolement social. D’autres travaux menés chez des personnes vivant avec des maladies chroniques (maladies respiratoires, cancer, troubles métaboliques ou dépression) confirment l’impact de l’activité physique adaptée sur la réduction de la mortalité prématurée, la prévention des récidives et l’amélioration du rétablissement.
L’APA s’inscrit dans une approche globale du soin, en complément des traitements médicamenteux, de la rééducation, du suivi psychologique et de l’accompagnement social. Elle permet aux personnes malades de redevenir actrices de leur santé, en retrouvant une forme de confiance dans leur corps et dans leur capacité d’agir, même avec des limitations.
Conseils pour intégrer l’activité adaptée dans un parcours de soins
Intégrer l’activité physique adaptée dans la vie d’une personne malade demande prudence, progressivité et coordination avec les professionnels de santé. Voici quelques repères :
-
En parler avec son médecin ou son spécialiste avant de commencer, afin de vérifier les contre‑indications éventuelles et d’orienter vers des programmes adaptés à la pathologie.
-
S’adresser à des enseignants en APA ou à des structures spécialisées capables d’évaluer les capacités de la personne et de proposer un programme personnalisé (type d’activité, fréquence, intensité, objectifs).
-
Commencer doucement, avec des séances courtes et modérées, puis augmenter progressivement la durée et la complexité des exercices selon la tolérance et les progrès.
-
Combiner différentes formes d’activité : travail de l’endurance (marche, vélo doux), renforcement musculaire, souplesse, équilibre et exercices respiratoires, afin d’agir sur plusieurs dimensions de la santé.
-
Tenir compte de la fatigue, des douleurs et des variations de l’état de santé, et adapter la séance (durée, intensité, type d’exercice) plutôt que de tout interrompre.
-
Favoriser, si possible, des activités en groupe, qui offrent soutien moral, motivation, échanges entre pairs et lutte contre l’isolement.
Dans de nombreux territoires, des dispositifs de prescription d’activité physique par les médecins ou des programmes hospitaliers et ambulatoires d’APA se développent pour les personnes atteintes de maladies chroniques, ce qui facilite l’accès à un encadrement sécurisé et structuré.
En résumé
La Journée mondiale des malades invite chacun à poser un regard de proximité et de respect sur les personnes touchées par la maladie. Elle rappelle que la souffrance ne doit jamais isoler, mais au contraire susciter des gestes de solidarité, de soutien et de soin partagé entre proches, soignants et société tout entière.
Dans cette dynamique, l’activité physique adaptée représente un outil précieux pour améliorer la qualité de vie, l’autonomie et le bien‑être global des personnes malades, en les aidant à redevenir actrices de leur santé, à leur rythme et dans un cadre sécurisé. En combinant écoute, respect et accompagnement concret – dont fait partie l’APA – il devient possible de porter ensemble le poids de la maladie et d’ouvrir des chemins d’espoir au cœur même de la fragilité.
